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Procès-verbal de la séance du samedi 27 mai 1905

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Entrée payante aux Musées de Dijon et de Rouen.


















Compte de 1904.




Affaire Sardon.


Don de M. Grivolas.




Boîte à lettres.

Procès-verbal de la séance
du samedi 27 mai 1905

__________
 
Présents : MM. Digonnet, Arnaud de Fabre, Laval, Chauvet,
Brun, Meissonnier, Bonnet.

M. Bonnet expose qu’il a revu M. Feste, qui lui a déclaré que
pour le moment il renonçait à l’acquisition de la prairie du Clos
de Massillargues, même à un prix inferieur à celui de 500 fr.
l’éminée fixé par le Conseil d’administration dans sa dernière
séance.
Relativement à l’achat de la prairie Goubet sise au même
quartier de Massillargues, M. Bonnet communique au Conseil
une lettre de M. Goubet et deux lettres de M. Julien, courtier d’immeubles ;
il ressort de la lettre de M. Goubet que celui-ci demande
369 fr. de l’éminée de 854 mètres. Le Conseil estime que ce
prix est un peu élevé, et qu’il convient d’essayer d’obtenir de
M. Goubet une diminution de prix, sinon on renoncerait à
cette acquisition.
Le Sr Rouy, fermier d’une terre au clos du Jardin Neuf,
a informé M. Digonnet qu’on était venu lui proposer de lui
vendre au prix de 3 000 fr. une prairie enclave dans la terre que le
Musée possède déjà.
Cette terre qui appartenait à un Sr Bonnaud, aujourd’hui
décédé, avait été acquise de lui par le Musée suivant acte
sous seing privé du 5 octobre 1889 pour le prix de 1 400 fr.
Le dossier de cette acquisition fut retenu à la Mairie par M.
Pourquery, qui empêcha l’accomplissement des formalités
administratives pendant l’année pour laquelle M. Bonnaud
s’était engagé à attendre la transformation du sous seing privé
en acte public dûment autorisé.
Cette année expirée, Bonnaud reprit sa parole et commença
même une action pour obtenir sur la terre du Musée Calvet un
passage pour sa parcelle qui y est enclavée.
Il mourut quelque temps après, et aujourd’hui ses héritiers
ont proposé à notre fermier Rouy de lui vendre cette parcelle, dont
ils demandent 3 000 fr. alors que le Musée l’avait achetée 1 400 fr.
M. Rouy a déclaré qu’il ne donnerait suite à ses
pourparlers d’acquisition que tout autant que le Musée ne
serait pas preneur ; en ce cas, et s’il devenait lui-même acquéreur,
M. Rouy proposerait au Musée pour désenclaver cette parcelle, de
lui céder en échange une portion équivalente sur un plus grand
corps qui lui appartient déjà, et qui confronte la propriété du Musée.
Il s’agit de savoir laquelle des deux propositions serait la plus
avantageuse. L’échange n’occasionnerait pour notre établissement
aucun frais, mais n’améliorerait pas la forme de la terre qui est
irrégulière. L’achat, au contraire, donnerait à l’ensemble une
forme plus carrée, qui faciliterait l’exploitation. Si les prétentions
des hoirs Bonnaud devenaient moins élevées, il y aurait convenance
à acquérir leur parcelle.
Rouy s’est chargé d’entamer à ce sujet des négociations
comme pour lui-même, et en réservant le bénéfice à l’établissement
si le résultat paraît acceptable à l’administration.
Le Conseil décide d’attendre pour prendre une résolution,
la communication qui lui sera faite par M. Rouy.
M. Digonnet informe ses collègues qu’il a reçu la visite
d’un marchand d’antiquités, qui lui a proposé de vendre au Musée
18 matrices en bronze avec lesquelles les potiers romains marquaient
leurs produits, au prix de 20 fr. l’une, dernier prix.
Bien que ce chiffre soit assez élevé, il serait bon de ne pas
laisser échapper ce moyen d’enrichir nos collections d’objets assez
rares. Le Musée possède 10 matrices de ce genre, dont 9 proviennent
du fonds Calvet. Une seule autre a pu être acquise depuis la
création du Musée. C’est donc une occasion exceptionnelle d’en
trouver d’un seul coup dix-huit qu’un collectionneur avait pu
recueillir à grand peine, et qui sont vendues après son décès.
Le Conseil approuve cette acquisition.
M. Auguste Binon a terminé le classement et le catalogue
du médailler de M. Sagnier ; il a exécuté ce travail avec la compétence
et le zèle dont il n’a jamais cessé de donner des preuves à
l’établissement. Le nombre total des médailles est de 1362
dont 18 en or, 279 en argent et 1065 en bronze.
Toutes sont antiques, la plus grande partie romaines, quelques
gauloises et un petit nombre grecques.
Bien que ne contenant pas des raretés de grand prix, ce
médailler est intéressant, la plupart des pièces qui le composent
provenant de localités voisines et ayant servi de documents à
notre regretté collègue M. Sagnier pour ses travaux de numismatique
appliqués à la topographie antique de notre pays.
M. le Maire ayant bien voulu nous faire prévenir la
double expédition de la délibération du Conseil municipal autorisant
le retrait dont il a été question précédemment de la Caisse des dépôts
et consignations, il est décidé d’envoyer au plus tôt le dossier à
la trésorerie générale.
Après un échange de vues entre plusieurs membres du
Conseil, il est décidé de demander à M. Noël Ruffier, sculpteur, ses
prix et conditions pour le buste de M. Léopold Rouvière, notre
regretté bienfaiteur.
M. Digonnet informe ses collègues qu’il a appris
qu’en sus de plusieurs établissements similaires de second ordre,
deux de plus grands Musées de province ; ceux de Rouen et de
Dijon ont depuis quelques temps fixé un prix d’entrée de 50 centimes
par personne les jours de semaine, l’entrée restant bien entendu
gratuite le dimanche.
Cette mesure, qui est absolument générale à l’étranger,
notamment en Allemagne, en Angleterre et en Italie, où les
prix d’entrée sont même de un francs, n’était guère usitée
en France.
M. Digonnet donne lecture d’une lettre de M. Joliet,
Conservateur du Musée de Dijon, qui se félicite d’avoir fait
adopter cette mesure et qui lui annonce que sur ses conseils,
les Musées de Nancy et de Grenoble vont également adopter
l’entrée payante.
M. Digonnet ajoute qu’il y a déjà quelque temps,
l’opportunité de cette mesure avait été discutée, mais pour
prendre une décision ferme à ce sujet, on avait voulu attendre
que l’expérience eut été tentée par quelques autres établissements.
Il engage ses collègues à étudier la question, et à voir si le
moment ne serait pas venu d’entrer dans cette voie.
Notre receveur nous ayant déposé ses comptes pour
l’exercice 1904, les membres du Conseil sont invités à en
prendre connaissance, et à formuler, s’il y a lieu, leurs observations.
Ils seront soumis à l’approbation définitive du Conseil dans
la prochaine séance.
Notre avocat au Conseil d’Etat, M. Dambeza, nous
informe que le dossier du legs Sardon est présentement
examiné par le Conseil d’Etat.
M. Pierre Grivolas nous a fait parvenir quelques-unes
de ses meilleures toiles qui sont provisoirement déposées dans la
Bibliothèque, en attendant leur placement définitif.
Les plus vifs remerciements sont adressés au généreux
donateur.
Le docteur Laval demande qu’il soit fait une boîte
destinée à recevoir les communications adressées à l’administration.
Cette boîte sera placée dans le vestibule à la porte du cabinet
de lecture ; la commande en sera faite à M. Bonnaud,
concierge du Musée et menuisier.

[signé] : de Fabre, Digonnet, Chauvet, Bonnet