La Fondation Calvet
F.Francken le Jeune
Crésus montrant ses trésors à Solon.

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Deux siècles de donations et de legs
La Fondation Calvet est une institution âgée de deux siècles. Située en Avignon, elle est
le fruit de la volonté d'un grand homme : Esprit Calvet.
Grand collectionneur, Esprit Calvet était physiocrate de formation. Il voua sa vie entière à la médecine et aux arts. Animé par la générosité et une exigence spirituelle, il légua l'intégralité de ses biens à l'institution qui plus tard allait porter son nom.
Aujourd'hui, la Fondation Calvet est l'un des plus grands établissements publics autonomes chargés en France de la gestion d'un patrimoine artistique. C'est aussi l'un des premiers à avoir donné naissance au concept de musée.
Sa raison d'être : administrer et développer le patrimoine mobilier et immobilier laissé par la succession Calvet. La Fondation gère un fonds mobilier et immobilier colossal.
Immeubles, maisons, exploitations agricoles, collections, oeuvres d'art, bibliothèques... les donations et legs se sont succédés par milliers depuis 1811, de provenance locale et internationale (Avignon, Provence, Paris, Champagne, Italie, Grande Bretagne...).
Vous aussi, aidez la Fondation.

La Fondation Calvet : une institution originale
Il n'y a pas que l'institut qui gère en France plusieurs musées.
En Provence, à Avignon et Cavaillon, existe depuis bientôt deux siècles, une institution puissante au statut original, créée sous Napoléon 1er, trois ans après le British Museum, qui possède une bibliothèque et plusieurs musées, abrités dans de magnifiques Palais et Hôtels particuliers où, comme à l’Institut, tous les départements des arts et de la culture sont représentés :
- A Avignon le Musée archéologique, dit « Lapidaire », est établi dans l’ancien collège des jésuites.
- Le musée du Moyen Age et de la renaissance italienne, avec plus de 700 peintures et sculptures, enrichi du dépôt de la collection CAMPANA, occupe l’ancien Palais des Evêques, dit Petit Palais, face au palais des Papes.
- Le musée CALVET, proprement dit, est logé dans le très bel Hôtel de Villeneuve.
où, parmi bien d’autres collections de grande valeur, est exposé, entre cour et jardin, un florilège destrésors de la grande peinture française, espagnole et hollandaise, de la Renaissance au XXème siècle.
- Une bibliothèque dite « bibliothèque CALVET » riche de plus de 90.000 ouvrages anciens, à laquelle est jointe le second médailler de France, est abritée actuellement dans le Palais du Cardinal CECCANO.
- Le musée d’histoire naturelle est situé dans l’hôtel particulier de RAFFELIS-SOISSANS.
- A Cavaillon un second musée archéologique est installé dans l’Hôtel Dieu.
- Un musée dit « Jouve » ou musée Comtadin et enfin un grand musée judaïque, situés l’un et l’autre dans l’enceinte de la vieille « carrière » autour d’une des plus belles synagogues de France avec ses bains rituels, sa boulangerie sa bibliothèque et sa boucherie, le tout constituant l’ancien ghetto juif de la ville.
Tout cela est le fruit de la volonté pugniasse d’un homme du XVIIIème, Esprit CALVET, esprit, un nom predestiné pour une si vive et visionnaire intelligence . Son esprit éclairé donna naissance à une oeuvre qui perdure depuis deux siècles. La Fondation se composait d'un Conseil d’administration avisé et prudent, où siégeaient les membres des plus illustres familles de la ville. Tous les conservateurs furent animés de la même intelligence, notamment : Esprit REQUIEN, l’ami de Prosper MERIMEE -- Henri FABRE, le célèbre entomologiste et Joseph GIRARD, le père de l’un des actuels Immortels.
Leurs implications dévouées ont suscité la générosité de nombreux donateurs et testateurs. Parmi lesquels des noms respectables et mondialement connus, attirés par le sérieux, l’esprit d'indépendance, la stabilité financière et la renommée discrète de l’établissement.
En léguant, en 1810, sa bibliothèque et son cabinet d’antiquités à la ville d’Avignon, Esprit Calvet a pour dessein de créer un établissement indépendant afin que le public puisse admirer les trésors cachés jusque là dans des bibliothèques religieuses ou des cabinets privés. Monsieur Calvet souhaitait en effet que l’institution perdure et que son legs soit sans cesse enrichi de libéralités et d’achats d’oeuvres nouvelles.
Il dota pour cela sa Fondation d’immeubles de rapport dont les revenus devaient être affectés exclusivement à l’acquisition et à la restauration des oeuvres d’art.
Ce n'est que progressivement que ces chefs d'oeuvre ont pu être présentés dans des espaces qui leur sont dignes grâce à une structure juridique appropriée.
Celle-ci est l’oeuvre de CALVET lui-même qui l’a conçue librement « sans l’aide de gens de loi », comme il le rappelle dans son testament et que le Conseil d’Etat traduisit en 1823, avec une merveilleuse concision, dans un règlement approuvé par le ministre de l’intérieur de Louis XVIII ; règlement dont les Tribunaux et le Conseil d'Etat ont constamment sanctionné la violation aves une grande rigueur.
Cet établissement autonome, doté de la personnalité morale, est unique en France. Il est une synthèse pratique d’institutions anciennes et modernes, de droit public et de droit privé, sans idées théoriques ou intentions politiques, en adéquation parfaite avec l’objectif recherché. Son rôle est d'amener les détenteurs de trésors privés à les offrir au public en conservant l’impression de les garder encore un peu pour eux.
Sa structure d’encadrement appelé « Conseil des huit » est à deux facettes, l’une privée, représentée par trois exécuteurs testamentaires responsables sur leurs biens personnels, et l’autre, publique, incarnée par cinq personnes nommées par le conseil municipal de la ville d’Avignon.
Les uns étant chargés de garantir la volonté des fondateurs, donateurs ou testateurs -- un exécuteur testamentaire est en effet un mandataire post mortem -- et les autres de représenter l’élite culturelle de leur temps ; tous cependant devant être hommes de « lettres », dans la définition de l’époque ; on pourrait dire aujourd’hui, un homme de morale, avisé, entreprenant et cultivé.
Les premiers se renouvèlent entre eux par cooptation, les seconds sont nommés pour dix ans. Le Conseil est présidé par le maire de la ville lorsqu’il vient en séance ; la direction effective et quotidienne étant assurée par le vice président toujours choisi parmi les trois exécuteurs testamentaires, toute délégation étant proscrite.
Joseph GIRARD (*) auteur de l‘histoire de l’institution, a qualifié ce Conseil dans un discours à l’Institut de France en 1933, de « Conseil des trustees », y repérant la notion juridique qui a fait la fortune des grandes bibliothèques et fondations anglo-saxonnes. La Fondation est en effet propriétaire et garant des biens fonciers et artistiques qu’elle possède, mais à charge cependant d’en permettre la jouissance au public.
Craignant que les dépenses nécessaires pour abriter les collections et conserver les oeuvres ne compromettent un jour la stabilité financière de l’institution, CALVET a imposé -- à titre de charge de son legs -- que la ville d’Avignon assumât seule l'entretien des bâtiments et du personnel des musées.
Il réservait au « Conseil des huit » les ressources foncières, par la disposition et la gestion du parc immobilier, et l’enrichissement des collections dont
la garde, la restauration et la mise en valeur étaient confiées à des conservateurs responsables devant lui.
Cet équilibre, entre représentation des hommes, répartition des frais et gestion d’immeubles de rapport et d’oeuvres d’art, a attiré à la Fondation d’innombrables libéralités qui se sont enrichies des achats effectués à partir de ses propres ressources.
Concrétisant la généreuse idée de son fondateur, l’Institution a ainsi accumulé, durant deux siècles, en restant toujours excédentaire, un patrimoine artistique mobilier et immobilier considérable et de haute qualité sans que les contribuables des villes d’Avignon et de Cavaillon n’aient à en supporter la charge.
La Fondation est heureuse de laisser à ces collectivités l'honneur de montrer ses oeuvres d'art au plus grand nombre. Les villes bénéficiant ainsi du prestige culturel que ce type de tourisme, en pleine croissance, génère.
(*) Joseph Girard, Histoire (Joseph), Histoire du musée Calvet, Imprimerie Rullière, Avignon, 1955.
Femmes grecques dans leur Salon d'été.
* Mini plaquette Fondation-Calvet.Pdf à télécharger (384 Ko )