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Séance du 13 avril 1935

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1°. Succession Pansier.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
2°. Succession Pansier.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
3°. Demande de
prêt pour une
exposition.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
4°. Demande de
moulages.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
  
 
 
5°. Prochain fascicule
des « Annales d’Avignon ».
 
 
 
 
 
 
6°. Abonnement.
 
 
 
7°. Projet d’affiche.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
8°. Commission des comptes.
 
 
 
 
 

Séance du 13 avril 1935

________________
 
Présents : MM. Lulé Dejardin, vice-président, Vernet,
de Bouchony, Le Gras, Busquet, Jouve, Vaillandet et Chobaut.
Séance ouverte à 10 heures.
Le procès-verbal de la précédente séance est lu et adopté.
________________
 
M. Charles Le Gras expose :
« Par lettre en date du 3 avril 1935, M. le Préfet demande
au Musée Calvet de se prononcer sur l’acceptation définitive ou le
refus de la succession Pansier. Les héritiers naturels ayant formulé
des protestations, l’autorisation d’accepter devra être donnée, non plus
par un arrêté préfectoral, mais par un décret au Conseil d’Etat.
« Voici le texte de la lettre de M. le Préfet qui fait connaître
les arguments présentés par les héritiers opposants :
Avignon, le 3 avril 1935
Le Préfet de Vaucluse
à Monsieur le Maire d’Avignon
« Par son testament olographe en date du 7 octobre 1934, aux
« minutes de Me de Beaulieu, notaire à Avignon, M. le Docteur Pierre
« Pansier, en son vivant domicilié à Avignon où il est décédé le 26
« octobre 1934, a institué pour son légataire universel le Musée Calvet
« d’Avignon, sous réserve d’usufruit à sa veuve et à son frère André
« Pansier, et à charge de continuer la publication des Annales d’Avignon
« et du Comtat et d’assurer l’entretien de son tombeau.
« Ce legs a été accepté à titre provisoire par l’administration
« du Musée Calvet dans sa délibération du 10 novembre 1934.
« Les héritiers connus et inconnus de ce testateur ont été
« invités, en conformité des articles 2 et 3 du décret du 1er février 1895,
« à prendre connaissance du testament, à donner leur consentement
« à son exécution ou à produire leurs moyens d’opposition.
« Les frères et sœurs du Docteur Pierre Pansier en tous
« manifesté leur opposition à l’exécution dudit testament et les motifs
« invoqués peuvent se résumer comme suit :
« Le Docteur Pansier avait toujours manifesté la
« volonté, mûrie de longues années, de laisser la plus grande
« partie de sa fortune à son frère Jean, receveur des domaines
« à Toulon, et en cas de prédécès, à ses quatre enfants. »
« Le testament du 7 octobre (rédigé en conséquence
« peu de jours avant sa mort) est en contradiction avec toute
« la vie du docteur P. Pansier ; ce ne peut être l’expression
« d’une libre volonté, c’est manifestement l’œuvre inspirée
« à un malade par quelqu’un de peu familiarisé avec les
« choses du droit. »
« Les opposants, faisant ressortir la situation de
« famille de M. Jean Pansier, père de quatre enfants de 16 à
« 24 ans, celle de Mmes Falque, sœurs du testateur qui
« ont 32 enfants ou petits enfants, demandent que leur
« soit conservée une partie de la fortune du Docteur P. Pansier
« et tout au moins ce qu’il a recueilli dans l’héritage de
« ses père et mère.
« Les délais d’instruction prescrits par le décret du
« 1er février 1896 étant actuellement expirés, je vous prie de
« porter ce qui précède à la connaissance de la Commission
« administrative du Musée Calvet et à l’inviter à délibérer
« au plus tôt, sur l’acceptation définitive ou le refus de la
« libéralité dont il s’agit.
« En cas d’acceptation, le dossier produit devra
« comprendre, en sus de la délibération de la Commission
« administrative, accompagnée de l’avis du Conseil municipal,
« un état de l’actif et du passif de la succession, un procès-verbal
« descriptif et estimatif des immeubles et objets mobiliers
« ainsi qu’un certificat de non-inscription hypothécaire en
« ce qui concerne les immeubles. »
Le Préfet ;
Signé : Vernet. »
« Vous avez entendu, Messieurs, les arguments
formulés par les opposants. Ils ne sauraient être retenus.
« Comment peut-on affirmer que le testament du
Docteur Pansier est en contraction avec toute son
existence ? Notre bienfaiteur avait fait deux parts de sa vie,
la carrière médicale et les études historiques. Il s’était livré à
celles-ci avec ardeur dés son installation dans notre ville. N’a-t-il
pas publié sur l’historie de la médecine et sur l’histoire locale de
nombreux ouvrages et articles de revues ? En 1912 il fondait un
périodique spécialement consacré aux études qui le passionnaient,
les Annales d’Avignon et du Comtat Venaissin. Il a fréquenté
assidûment le Musée Calvet pendant un demi-siècle. Il en était
administrateur depuis 1925. Est-il surprenant qu’il ait songé à
perpétuer son œuvre en s’adressant à un établissement auquel
l’attachaient des liens anciens et étroits ?
« Cette décision cependant si conforme à ce qu’on pourrait
attendre d’un homme voué à la science, on prétend qu’elle ne
peut être l’expression d’une libre volonté, mais qu’elle a été
inspirée à un malade. Rien de plus inexact. Le Dr Pansier
a conservé jusqu'à la fin sa lucidité et sa grande activité
intellectuelle. Son dernier ouvrage, Les Peintres d’Avignon aux
XIVe et XVe siècles, a été distribué peu avant le 7 octobre, date du
testament. Dans ce même mois d’octobre, le Dr Pansier corrigeait
encore les épreuves d’un article des Annales d’Avignon qui n’a
paru qu’après sa mort. Au même moment, il se délassait de
ses travaux d’histoire locale en apprenant l’arabe et en
traduisant un vieux traité d’oculistique écrit en cette langue.
« Reste le point le plus délicat de l’argumentation des
opposants. Les charges de famille alléguées sont infiniment
respectables, mais elles ne sauraient faire obstacle aux volontés du
défunt. A notre connaissance, aucun membre de la famille Pansier
n’est dans le besoin. Et d’ailleurs, si on partageait avec tous les
ayant-droit la partie de la modeste fortune du Dr Pansier qui lui venait
de ses père et mère, chacun de ses héritiers ne recevrait qu’une
somme trop peu importante pour modifier sensiblement sa situation.
« En conséquence, nonobstant les protestations des héritiers ;
il y a lieu de décider l’acceptation de la succession. »
Adoptant les conclusions du rapporteur, le Conseil décide à
l’unanimité d’accepter le legs universel fait au Musée Calvet par
le Dr Pansier.
________________
 
M. le Président expose : « Les coupons des titres faisant partie
de la succession Pansier ne peuvent être détachés par l’usufruitière
qu’en présence d’un délégué du Musée Calvet, ce qui est une
complication et une gène pour les deux parties. Il serait préférable
que les titres fussent sortis du coffre et mis en compte de dépôt
au nom de la succession Pansier à la Société Générale qui en
aurait la garde, détacherait et encaisserait les coupons pour le
compte de Mme Pansier, usufruitière. Celle-ci toucherait
ainsi cette part de son usufruit sans intervention du Musée Calvet
dont les droits seraient néanmoins sauvegardés. Si cette
solution vous agrée, nous adresserons une demande à la
Société Générale dans le sens indiqué ci-dessus ».
Cette proposition est adoptée.
________________
 
M. le Président expose :
« M. le Maire communique une lettre de M. le Directeur
des Musées Nationaux demandant le prêt de deux marbres
du Musée Calvet pour l’Exposition de l’Art italien qui va avoir
lieu à Paris prochainement.
« Voici le texte de cette lettre :
Paris le 1er avril 1935
Monsieur le Maire,
« Le projet d’une grande exposition italienne en
« France, dont vous avez certainement entendu parler, est sur
« le point de se réaliser. Elle aura lieu au Petit Palais
« des Champs-Elysées du 10 mai à la fin de juillet.
« J’ai été chargé d’attirer tout spécialement votre
« attention sur ce projet par le Gouvernement qui estime que
« nous devons tous en France, seconder par nos efforts l’amicale
« initiative de l’Italie.
« Trois cent trente des chefs d’œuvre de peinture
« des grands musées italiens, dont soixante pour le Musée des
« offices, avec de nombreux objets d’art seront, en effet, envoyés
« à Paris par les soins du Gouvernement de Rome. Le Louvre
« prêtera pareillement soixante de ses tableaux les plus célèbres,
« et les grands musées étrangers apporteront leur contribution,
« en même temps que les amateurs français se sépareront
« des pièces les plus précieuses de leurs collections.
« Je n’ai donc pas à vous démontrer l’importance
« exceptionnelle de cette manifestation et l’intérêt qu’il y a
« pour les institutions artistiques françaises à y être représentées
« le mieux possible. Leur participation serait, en effet, à
« l’égard de l’Italie, une démonstration d’amitié venue de la
« France entière qui ne peut se dispenser de répondre par un
« geste d’une égale courtoisie au geste magnifique de la
« grande nation voisine.
« Le Comité franco-italien qui préside à cette organisation
« a exprimé le vœu de voir figurer au nombre des chefs d’œuvre
« exposés les œuvres d’art suivantes, qui font partie des belles
« collections de la ville d’Avignon :
« Buste d’enfant (marbre XVe siècle)
« Profil de Ste-Helene (bas-relief du XVe siècle)
« Les frais d’emballage et de transport à l’aller et au
« retour, ainsi que les frais d’assurance de « clou à clou » et
« contre tous risques de quelque nature que ce soit, pour la
« valeur fixée par vous sont à la charge du Comité de l’Exposition.
« En espérant que vous voudrez bien collaborer à l’effort
« que nous entreprenons, je vous prie d’agréer, Monsieur le Maire,
« avec nos plus vifs remerciements, l’expression de mes sentiments
« particulièrement distingués.
Le Directeur des Musées Nationaux et
de l’Ecole du Louvre
Signé : H. Vernet »
« Les deux marbres sollicités présentent les caractéristiques suivantes :
Buste d’enfant, hauteur 0,20 m ; don Olive, de Marseille, en 1842.
Sainte-Hélène, bas-relief, hauteur 0,45 m. largeur 0,37 m. don
Clément, de Marseille, en 1849.
« Ces deux pièces ont été reproduites dans plusieurs publications et
en dernier lieu dans le volume des Memoranda relatif au Musée
d’Avignon, page 30.
« En raison des motifs allégués dans la lettre de M. H. Verne,
je vous propose de consentir, à titre exceptionnel, au prêt des
deux pièces demandées. »
Après discussion, cette proposition est adoptée à la majorité,
étant entendu que la décision prise a un caractère tout à fait
exceptionnel et ne saurait constituer un précédent opposable au
Musée Calvet.
Tous les frais d’emballage, de transport et d’assurance
incomberont au Comité de l’exposition ; les objets devront être
assurés contre tous risques ; ils seront pris en charge dans les galeries
où ils sont actuellement exposés jusqu'à leur remise en place à leur
retour.
Le Conseil fixe à cent mille francs pour chaque objet la
valeur d’assurance.
________________
 
M. le Président expose :
« Le Conseil a eu précédemment à délibérer sur une demande
de moulages formulée par le « Museo dell’Impero Romano ». Vous
avez décidé de refuser.
« Le Directeur de l’établissement intéressé est revenu à la
charge par lettre du 7 mars 1935 dont je vous donne lecture.
Roma 7 marzo 1935/XIII.
« A Monsieur le Vice-président du Conseil d’administration
« du Musée Calvet, Avignon.
            Monsieur,
« J’avoue d’être resté très étonné en recevant votre aimable
« lettre du 25 février. C’est effet la première fois qu’un musée non
« seulement de la France mais de l’Europe entière et des autres
« continents répond d’une façon négative à notre demande d’avoir
« des moulages. Il suffit de vous rappeler que M. le Commandant
« Espérandieu, pour Nîmes, M. Benoît, pour Arles, M. Rachou, pour
« Toulouse, M. Verne, pour le Louvre, M. Aubert, pour Dijon et
« aussi les Directeurs des Musées de Nizza, Antibes, Vence, etc. nous
« ont répondu favorablement et presque tous les moulages d’objets de
« ces musées choisis par nous sont déjà en préparation.
« Je pense que vous n’ayez pas compris mon italien ; c’est pourquoi
« je vous écris cette fois en français en vous priant de pardonner les
« fautes d’orthographe.
« Les moulages, vous le savez bien, ne peuvent endommager les
« marbres originaux lorsqu’ils sont faits avec un minimum de soin :
« je sais d’ailleurs que plusieurs pièces du Musée d’Avignon ont été déjà
« moulées ; moi-même j’ai dans le musée dell’Impero Romano un
« beau moulage du soldat romain de Vaucluse (Vachères).
« Pourquoi voulez-vous donc que votre très intéressant musée
« ne soit pas représenté à côté des autres musées de la France dans la
« Mostra della Romanità ? Est-ce qu’il y a une défense spéciale de la
« part du feu M. Calvet ? J’espère que vous, Monsieur le Vice-président,
« reviendrez, si la chose est possible, sur votre avis et, en attendant une
« favorable réponse, je vous prie d’agréer l’assurance de mes
« sentiments les plus distingués.
Il Direttore generale della Mostra
Augustea della Romanità
Signé : Prof. Giglioli
« Je vous rappelle que les moulages demandés sont les suivants :
1 ) Statues :
Guerrier Gaulois de Mondragon
Jupiter de Séguret
2 ) Bas-reliefs :
Dieu au maillet de Séguret
Le char du château Maraudi
Scène de halage de Cabrières d’Aigues
Cippe du quattuorvir d’Avignon
Autel aux proxumes
3 ) Inscriptions :
Dédicace à C. Sappius Flavus
Epitaphe d’un tailleur de pierres
Dédicace à Germanicus
Dédicace à Burrus
Epitaphe de Valéria Severina
« J’estime que, pour ne pas nous singulariser,
nous devrions revenir sur notre premier refus d’autant plus
que nous avons consenti à divers reprises des faveurs analogues
et que l’exécution des moulages est une pratique trop courante
pour qu’elle puisse être considérée comme un danger. »
Après discussion, le Conseil décide à la majorité
d’autoriser l’exécution des moulages demandés par le « Museo
dell’Impero romano ».
M. Manfredi, mouleur, à Villeneuve-lès-Avignon, qui
a opéré précédemment au Musée Calvet et au Musée Lapidaire
sera chargé du travail pour lequel il se mettra directement
en rapport avec le directeur du « Museo dell’Impero romano ».
Les frais de déplacement et de remise en place des objets,
ainsi que de remise en état des lieux, seront à sa charge.
________________
 
La composition en est ainsi fixée :
Notice biographique et bibliographique sur le Dr Pansier
par M. J. Girard.
Catalogue des lampes antiques du Musée Calvet par MM.
de Brun et Gagnière.
Correspondance des députés d’Avignon près l’Assemblée
Nationale par M. Vaillandet (suite).
Chronique du Musée Calvet.
________________
 
Sur la proposition de M. de Bouchony, est voté l’abonnement
au Monde colonial illustré. Prix : 50 fr. par an.
________________
 
Lecture est donnée d’une lettre de M. Joël par laquelle il
déclare ne pouvoir accorder un rabais sur l’honoraire précédemment
consenti.
Cet honoraire avait été fixée à 1 200 fr. comprenant le
dessin d’une composition et d’un texte, ce dernier composé
typographiquement par l’imprimeur d’après la maquette.
Cet honoraire est accepté sous les conditions suivantes :
1) - la maquette sera la propriété du Musée, qui la fera
éditer quand il le jugera opportun ;
2) - cette maquette sera livrée avant le 1er juillet 1935
dernier délai ;
3) - le texte devra être libellé comme suit :
Ville d’Avignon – Musée Calvet
Rue Joseph Vernet, 65, Ancien Hôtel de Villeneuve
Musée des Beaux-Arts
Peinture, verrerie, céramique, bronzes antiques
Boiseries, meubles, ferronnerie, etc.
Bibliothèque publique
Rue de la République-Ancienne chapelle du Lycée
Musée lapidaire
Sculpture et épigraphie. Epoque celtique, romaine,
romane et gothique. Renaissance XVIIe et XVIIIe siècles.
________________
 
Il y a lieu de désigner trois membres pour examiner les comptes de
l’exercice 1934, ainsi que les projets de budget supplémentaire de
1935 et de budget primitif de 1936.
Sont nommés MM. Le Gras, Chobaut et de Bouchony.
 
Séance levée à 11 heures 45.
 
[signé] : Lulé-Dejardin, Vernet, de Bouchony, Le Gras, Busquet, Vaillandet, Chobaut