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L'enlèvement de Déjanire

Etienne PARROCEL

Les deux pendants que forment Apollon et Daphné et l'enlèvement de Déjanire posent depuis leur entrée au musée un problème d'attribution difficile. Les dossiers de ces deux œuvres renferment sur ce sujet une correspondance riche en propositions Pietro Angeletti, Pietro Bianchi, Giuseppe Chiari, Placido Costanzi, Benedetto Luti, Aurelio Milani, Stefano Pozzi... Ces artistes ne sont pas tous de la même génération : I'auteur des pendants Puech est-il à chercher parmi les successeurs directs de Maratta (Chiari, Luti, Milani) ou parmi les plus jeunes (Bianchi, Costanzi, Pozzi) ?

Sylvain Boyer et Franck Guillaume ont pris à juste titre le parti d'éliminer les plus anciens et retenu le nom de Pietro Bianchi (1694-1740). Cette attribution a été soutenue par le grand connaisseur de cette époque qu'est Fabrizio Lemme. Bianchi, peintre d'origine gênoise mais surtout présent à Rome, a recueilli les traditions des deux écoles, ayant été l'élève de Baciccio d'une part et de Luti d'autre part.

L'hypothèse que ces peintures soient d'Étienne Parrocel ne doit pourtant pas être écartée totalement. On peut avancer deux arguments en ce sens. Un dessin du musée de Pithiviers est manifestement une étude pour l'enlèvement de Déjanire Puech a qui été récemment publié par François Marandet comme Etienne Parrocel, attribution qui semble solide. 

Si on l'accepte, le tableau Puech est d'Étienne Parrocel et selon toute vraisemblance son pendant aussi. Toutefois c'est fonder une attribution sur une autre attribution. 

Le deuxième argument est la provenance des mythologies Puech : la collection rassemblée par le marquis de Parrocel, l'oncle d'Etienne, a toutes les chances de remonter au peintre lui-même. II n'est pas certain que les deux tableaux soient d'Etienne Parrocel mais cette hypothèse reste la plus vraisemblable, d'autant plus qu'on n'a aucune peine à les insérer dans la carrière du peintre. 

Les figures, dont le volume est nettement accusé, sont enveloppées de draperies qui bouillonnent autour des corps plus qu'elles n'en suivent le mouvement. L'expression des visages, le plus souvent montrés de profil, est peu caractérisée. Dans des paysages d'une tonalité entre bleu et vert, I'un des deux tableaux offre un accord énergique de rouge et de jaune tandis que l'autre est dominé par le bleu vif du manteau de Déjanire. 

Ce sont des moyens visuels simples et efficaces, maniés avec élégance et un soupçon de détachement, que l'on retrouve dans d'autres œuvres d'Etienne Parrocel datant des alentours de 1740, par exemple le Christ et la Samaritaine d'Ajaccio. Tant qu'on n aura pas trouvé une véritable preuve que ces deux tableaux sont d'un autre artiste, nous pensons qu'il convient de conserver l'attribution traditionnelle.

Présentation de l'œuvre

Artiste
Etienne PARROCEL

Caractéristiques

Matières

H : 0.614 L : 0.74

Données spécifiques

Numéro d'inventaire

998.1.86

Musée d'accueil
Musée Calvet
Provenance

Don Marcel Puech à la Fondation Calvet 

Bibliographie et expositions

Bibliographie

La peinture française du XVIème au XVIIIème siècle 
Par Georges Brunel, édition Silvana Editoriale, Milano, 2015.

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