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Saint Camille de Lellis présenté à la Trinité par Marie Madeleine

Etienne PARROCEL

1739

Etude préparatoire de belle qualité pour le décor de la coupole de l’église de la Madeleine, à Rome. Les deux demi-cercles non peints de chaque côté rendent compte des oeils-de-bœuf qui éclairent la fresque. Camille de Lellis était le fondateur de la congrégation des Ministres des malades, commanditaires de l’œuvre.

L'église Sainte-Marie-Madeleine, située au centre du Champ de Mars, à Rome, à quelques minutes du Panthéon, était au XVIIIème siècle le siège de la communauté des clercs réguliers ministres des infirmes, fondée en 1591 par saint Camille de Lellis (1560 1619). La fresque de la coupole célèbre à la fois la sainte patronne de l'église et le héros de la charité qui y est enterré. 

Un document trouvé par Olivier Michel, mais encore inédit, lui assigne d'une manière irréfutable la date de 1759, surprenante au premier abord puisque Camille de Lellis n'a été béatifié qu'en 1742. Représenter son entrée au ciel revenait à anticiper la conclusion d'une procédure qui, certes, était en cours, mais pas aboutie. Les camilliens contournèrent la difficulté par un argument assez ténu : si la peinture montrait Camille reçu au ciel, il y était représenté sans la croix du fondateur d'ordre qui ne pouvait lui revenir légitimement qu'après sa béatification. 

L'esquisse Calvet, étant à deux dimensions, ne peut représenter la totalité d'une coupole. Elle correspond à la partie qu' on voit en entrant dans l'église. Les deux encoches laissées en réserve à droite et à gauche correspondent aux fenêtres qui s'inscrivent dans la base de la calotte. Au sommet du groupe que forment les figures, tout en blanc et comme absorbé dans un halo de lumière dorée, Dieu le Père étend le bras au-dessus de Jésus-Christ, assis au milieu d'un essaim d anges et tenant entre ses mains le globe du monde. 

La Vierge est agenouillée sur des nuages un peu plus bas : derrière elle apparaissent saint Jean-Baptiste et saint Joseph. À la droite du Christ, faisant pendant à la Vierge, Marie-Madeleine, bien caractérisée par ses boucles blondes, retient par le poignet Camille de Lellis, qui semble en train de défaillir au spectacle de l'assemblée céleste qui se découvre devant lui.

Derrière Camille de Lellis on reconnaît saint Laurent à sa dalmatique et à son gril. Le personnage qui semble se dégager d'une draperie verte est Lazare. Du côté de la Vierge sont réunis quelques uns des fondateurs d'ordres : saint Dominique, une étoile sur le front, saint François d'Assise, debout, et saint Philippe Néri, portant l'étole. 

Le musée de Marseille conserve, dans un important fonds Etienne Parrocel acquis en 1998, plusieurs études de personnages directement en rapport avec la coupole de la Maddalena, dont un très beau dessin représentant Camille de Lellis lui-même. 

En déroulant sur une surface plane une composition destinée à être portée par une demi-sphère, Etienne Parrocel montre sa parfaite maîtrise des règles de la perspective. 

Le monde céleste est séparé de l'espace où se meuvent les fidèles et les spectateurs par deux barrières visuelles : une corniche dorée qui, l'absence de tambour, s'insère entre la calotte et les pendentifs, et des bancs de nuages qui servent de praticables aux saints du paradis. La clarté augmente à mesure que l'on monte vers le Tout-Puissant et les corps perdent leur consistance pour se fondre dans une brume lumineuse. 

Entièrement romanisé après vingt années de séjour, Parrocel utilise les formules mises au point par ses prédécesseurs du XVIIème siècle sans y apporter de grandes innovations, mais avec une aisance parfaite. Plutôt que du côté de Pozzo, c'est vers Pierre de Cortone qu'il regarde ; la rondeur du dessin et la souplesse des enchaînements l'atteste. Tout est clair et mis en place d'une main sûre.

Présentation de l'œuvre

Artiste
Etienne PARROCEL
Date

1739

Siècle
XVIIIe siècle

Caractéristiques

Matières

Huile sur toile

H : 0.475 L : 0.978

Données spécifiques

Numéro d'inventaire

2000.1

Musée d'accueil
Musée Calvet
Provenance

Achat de la Fondation Calvet en 2000 

Bibliographie et expositions

Bibliographie

La peinture française du XVIème au XVIIIème siècle 
Par Georges Brunel, édition Silvana Editoriale, Milano, 2015.

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