/sites/default/files/images_oeuvres/2024-02/a50-table-d-offrande-d-oupouaoutnakht.jpg

Table d'offrandes d'Oupouaoutnakht

Moyen Empire, début de la XIle dynastie (sans doute Sésostris Ier) 

Cette table d'offrandes en calcaire, de proportions approximativement carrées, est pourvue d'un réseau de bassins se déversant vers l'extérieur par un bec saillant.

Seules la surface de la table et une étroite bande le long des arêtes du bloc ont été dressées: les côtés et la face inférieure épannelés, comme c'est souvent le cas, laissent penser que la table pouvait être encastrée dans le sol. 
Le dessus de la table se divise en deux parties rectangulaires de profondeur inégale. 
Dans la partie postérieure se détachent en méplat deux pains moulés rappelant le signe hiéroglyphique de l'offrande, hetep ; ils se prolongent par trois petits bassins rectangulaires alignés transversalement ; le bassin central, plus étroit que les deux autres, se déverse par un bec saillant dans le large bassin qui forme la partie antérieure de la table. 
L'écoulement des liquides s'effectuait à travers des trous percés dans les cloisons des bassins puis par un bec rectangulaire saillant vers l'extérieur. Des offrandes ont été gravées dans un style fruste sur les deux pains (patte antérieure de bovidé, tête de canard et tête de gazelle d'une part, canard et tête de bovidé d'autre part) ainsi que sur le rebord qui divise la table en deux parties (canard avec motif réticulé). 
La présence de deux pains et la répartition des bassins rattachent cette table d'offrandes au type des tables doubles.

Deux inscriptions gravées symétriquement sur les rebords latéraux confirment ce caractère double : elles nomment le commanditaire (côté gauche) et son épouse (côté droit). 
Disposées en colonne et orientées de la droite vers la gauche, elles sont destinées à être lues par une personne accomplissant les rites d'offrande face à la table. La gravure est peu soignée. Les signes présentent un contour irrégulier et plusieurs sont difficilement reconnaissables ; leur agencement dans le texte s'écarte des principes de composition habituels, certains signes sont omis, d'autres intervertis. 

Le texte contient une version très abrégée des formules d'offrande habituelles, réduites au nom du personnage et à l'épithète « pensionné (imakhou) auprès du dieu Untel ». 

La Succession même de ces éléments surprend : dans la colonne gauche, le nom du personnage précède ainsi de manière inhabituelle l'épithète. L'inscription a sans doute été mise en place par un lapicide qui a dû recopier, sans grand soin, un modèle qu'il ne comprenait pas. 
Côté gauche: «Oupouaoutnakht, le pensionné auprès du dieu grand, seigneur du ciel.» 
Côté droit: « Son épouse bien-aimée, la pensionnée, Hep. » 

L'anthroponyme théophore Oupouaoutnakht renvoie à la ville d'Assiout en Moyenne Egypte, dont Oupouaout, qui se manifeste sous la forme d'un canidé, est le dieu majeur. 
L'anthroponyme féminin Hep est quant à lui largement attesté au début du Moyen Empire (également sous les formes Hépi, Hépy et Hépou).
D'autres éléments viennent appuyer ces deux indices sur la provenance et la date de l'objet. 
Les proportions carrées et les bassins multiples s'inscrivent dans une typologie du début du Moyen Empire (XIe début XIIe dynastie). Typologie et style du décor comme des inscriptions apparentent plus précisément cette pièce à quelques tables d'offrandes issues des fouilles d'Ernesto Schiaparelli à Assiout en 1908 et aujourd'hui conservées au musée de Turin. Elles sont datables du début du Moyen Empire. 
 

Oupouaounakht et son épouse Hep pourraient ainsi appartenir à l'entourage du responsable des choses scellées Nakhti dont le mobilier funéraire constitue aujourd'hui l'une des pièces maîtresses de la collection du musée du Louvre. 
La table d'offrandes A 50 a ainsi pu prendre place dans chapelle funéraire rupestre n° 8 où, , éventuellement associée à une stèle ou à une statue aujourd'hui perdue, elle marquait l'un des supports essentiels du culte post mortem rendu à Oupouaoutnakht et à son épouse.

 

L.P

Présentation de l'œuvre

Date

Moyen Empire, début de la XIle dynastie (sans doute Sésostris Ier) 

Lieu

Très probablement Assiout

Caractéristiques

Matières

Calcaire L.35,5; l. 28,3; ép. 8,5 cm 

Données spécifiques

Numéro d'inventaire

A50

Musée d'accueil
Musée Lapidaire
Provenance

Achat de la Fondation Calvet 

Bibliographie et expositions

Bibliographie

Fastueuse Egypte
Sous la direction d'Odile Cavalier

Catalogue de l'exposition - 25 juin au 14 novembre 2011.
Avec la collaboration scientifique de Jean-Claude Goyon et Lilian Postel, 
Paris, Editions Hazan, 2011

À découvrir aussi

.

Stèle de SOKARY-HOTEP

.

Stèle de Nebsy et Hépou

Fin du Moyen Empire, fin de la XIIe dynastie (v.1850-1740 av. J.-C.)
.

Moulage de la Tabula rigordiana (Table de Rigord)

Moulé en 1791
.

Stèle d'Horus sur les crocodiles