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Toile funéraire de Pa-Mer-Ihou

Les toiles funéraires, couvertes de textes tirés du Livre des Morts, étaient placées sur la momie ou, mieux, servaient de linceul dans lequel la momie était enveloppée. Placés à même le corps du défunt ces textes ne le protégeaient que mieux. Ce sont donc des substituts du rouleau de papyrus que la mort emportait généralement avec lui dans la tombe et qui étaient inscrits des mêmes textes. La plupart de ces toiles, dont peu d'exemplaires sont connus, datent de la XVIlle Dynastie et même de la fin de la XVIle ; une toute petite minorité appartient à des époques plus récentes.

La très grande qualité esthétique des hiéroglyphes cursifs de la toile d'Avignon s'accomoderait bien d'une datation dans la XVIlle Dynastie. L'éditeur du premier corpus consacré au Livre des Morts, Edouard Naville considérait même que cette toile représentait l'un des exemples d'écriture les plus parfaits qui lui ait été donné de rencontrer. Ce légitime enthousiasme est néanmoins tempéré par la lecture même du texte. A le comparer avec les nombreuses versions parallèles existantes on constate que des signes, voire des mots entiers, ont été sautés, des passages mal compris ont été défigurés, des chapitres, exagérément raccourcis, s'interrompent brutalement. 

Si la calligraphie est presque parfaite la copie, elle, est extrêmement médiocre, au point que l'on en vient à douter de la date, assez ancienne, que l'on pourrait attribuer à la toile, à première vue, son propriétaire, '"le chef des étables PA-MER-IHOU'" ne semblant pas être connu ailleurs, il est impossible de préciser plus. 

Naville avait déjà noté que les textes, tels qu'ils sont aujourd'hui présentés, sont quelque peu en désordre. Très vraisemblablement, cette toile devait être en mauvais état lors de sa découverte et, pour l'exposer de façon présentable, l'on a "arrangé" les morceaux en les découpant avec des ciseaux et en les raccordant au petit bonheur la chance, sans se soucier de l'ordre véritable des textes. Les joints sont d'ailleurs parfaitement visibles. Cela explique également que les fragments aient été enregistrés sous deux numéros d'inventaire différents. Dans I'état actuel, il est possible de reconstituer approximativement l'ordonnance originale. 

C'est ce fragment de dix-sept colonnes qui venait au début, suivait, sur sa droite, le fragment portant la vignette de l'oiseau à tête humaine (huit colonnes). Sans que l'on sache s'il se joignait directement à ce groupe, venait ensuite le second fragment comportant la vignette du faucon. Directement à la suite de ce dernier se plaçait le dernier morceau. 

Ainsi reconstitué le texte présente des manques d'une longueur impossible à apprécier, au début et à la fin. Les vignettes, colorées ou non, sont de règle dans les Livres des Morts recopiés sur papyrus. Elles sont moins fréquentes sur les toiles funéraires. Ces vignettes servent à illustrer le thème principal de chacun des chapitres du livre. Le faucon se rapporte au chapitre 77, dont le texte l'environne, où il est question, pour le mort, de prendre la forme de cet oiseau pour pouvoir s'envoler au ciel et se poser dans la barque solaire auprès de Rê. L'oiseau  à tête humaine, qui représente l'âme du mort, illustre le chapitre 85, qui permet à celle-ci d'échapper aux dangers de l'Au-delà et de demeurer vivante à jamais. 

Caractéristiques

Matières

Lin

H 0.45 cm ; l 0.5 cm

Données spécifiques

Numéro d'inventaire

A69

Musée d'accueil
Musée Calvet
Provenance

Achat Lunel 1839

Bibliographie et expositions

Bibliographie

Egypte et Provence
1985

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