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Introduction

Constituée comme fondation par Napoléon 1er en 1811, organisée par le Conseil d'Etat en 1823, 1832 et 1833, appelée initialement "Bibliothèque Calvet", puis "Museum Calvet", puis "Musée Calvet", et depuis 1985 à nouveau "Fondation Calvet".

Deux siècles de donations et de legs

La Fondation Calvet est une institution vieille de deux siècles (voir les textes fondateurs), instituée par Napoléon 1er, fruit de la volonté d'un "homme de lettres" d'Avignon : Esprit Calvet.
Celui-ci, grand collectionneur, physiocrate, voua sa vie à la médecine et aux arts. Animé par une générosité et une grande exigence intellectuelle, il légua l'intégralité de ses biens à l'Institution qui plus tard allait porter son nom.

La Fondation Calvet est un établissement propriétaire des oeuvres constituant, à côté de quelques dépôts, le fonds de neufs musées et bibliothèques des villes d'Avignon et de Cavaillon. Elle est chargée de la gestion d'un grand patrimoine artistique (oeuvres d'art, histoire naturelle, médaillier, bibliothèques) couvrant tous les domaines de l'art depuis la préhistoire jusqu'à l'art moderne. Elle est l'une des premières entités à avoir donné naissance au "concept de musée". Conçue au 18ème siècle, elle est organisée comme un trust de droit anglo-saxon moderne (cf. texte de J. Girard 1933).

Propriétaire d'un important patrimoine immobilier de rapport (immeubles, maisons, exploitations agricoles) qui lui permet de faire face à ses missions Les donations, legs et achats d'immeubles, d'objets d'art et de collections de provenance locale et internationale (Avignon, Provence, Paris, Champagne, Italie, Grande Bretagne, Japon...) se sont succédé par milliers depuis plus de deux cents ans.

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Nicolas Dipre, Le Songe de Jacob (détail)



La fondation Calvet : Une institution originale

Si l'"Institut" gère, en France, plusieurs musées, il en est de même avec la Fondation Calvet.

Cette institution au statut original, créée sous Napoléon 1er, trois ans après le British Museum, possède une bibliothèque et plusieurs musées, abrités dans de magnifiques Hôtels particuliers :

A Avignon : 

  • Le musée CALVET, proprement dit, est logé dans le très bel Hôtel de Villeneuve Marrtignan où, parmi bien d'autres collections de grande valeur, est exposé, entre cour et jardin, un florilège de trésors de la grande peinture française, espagnole et hollandaise, de la Renaissance au XXème siècle. Il abrite l'un des plus important Médaillier de France.
  •  Le Musée archéologique, dit « Lapidaire », est établi dans l'ancien Collège des Jésuites.
  • Le musée du Moyen-Age et de la renaissance italienne, avec plus de 1100 peintures et sculptures, enrichi de l'important dépôt de la collection CAMPANA, occupe l'ancien Palais des Archevêques, dit Petit Palais, proche du Palais des Papes.
  • Une bibliothèque dite « bibliothèque CALVET » qui constitue un fonds ancien riche de plus de 100.000 ouvrages anciens, abritée actuellement dans le Palais du Cardinal CECCANO. (>>les fonds de la bibliothèque Calvet ).
  • Le musée d'histoire naturelle, Museum Requien et sa bibliothèque est situé dans l'hôtel particulier de Raphélis de Soissons qui appartient à la Fondation Calvet.

A Cavaillon :





Tout cela est, directement ou indirectement, le fruit de la volonté pugnace d'un homme du XVIIIème, Esprit Calvet, un nom prédestiné pour une si vive et visionnaire intelligence . Son vision éclairée donna naissance à une oeuvre qui perdure depuis plus de deux siècles. La Fondation a été géré par un Conseil d'Administration avisé et prudent, où siégeaient les membres des plus illustres familles de la Ville d'Avignon. Les conservateurs furent animés de la même détermination, notamment : Esprit REQUIEN, l'ami de Prosper MERIMEE, Jean-Henri FABRE, le célèbre entomologiste et Joseph Girard.

Leur implication a suscité la générosité de nombreux donateurs et testateurs. Parmi lesquels des noms respectables et mondialement connus, attirés par le sérieux, l'esprit d'indépendance, la stabilité financière et la renommée discrète de la Fondation Calvet.
En léguant, en 1810, sa Bibliothèque et son Cabinet de curiosités, Esprit Calvet, a chargé la ville d'Avignon de créer une Fondation indépendante dirigée par "huit hommes de lettre", c'est à dire cultivés, afin que le public puisse admirer les trésors cachés jusque là dans des bibliothèques religieuses ou des Cabinets privés. Esprit Calvet souhaitait en effet que l'Institution perdure et que son legs soit sans cesse enrichi de libéralités et d'achats d'oeuvres nouvelles.
Il dota pour cela sa Fondation d'immeubles de rapport dont les revenus devaient être affectés à l'exercice de ses missions, à l'acquisition et à la restauration des objets d'art et des collections.

Ce n'est que progressivement que ces chefs-d'oeuvre ont pu être présentés dans des espaces qui dignes d'eux grâce à une structure juridique appropriée.

Celle-ci est l'idée de Calvet qui l'a conçue librement « sans l'aide de gens de loi », comme il le rappelle dans son testament. Le Conseil d'Etat traduisit en 1823, avec une merveilleuse concision, cette volonté dans un règlement approuvé par le Ministre de l'intérieur de Louis XVIII ; règlement dont les Tribunaux et le Conseil d'Etat ont constamment et encore récemment sanctionné les violations avec une grande rigueur.

Cet établissement autonome est doté de la personnalité morale. Il est une synthèse pratique d'institutions anciennes et modernes, de droit public et de droit privé, sans idées théoriques ou intentions politiques, en adéquation parfaite avec l'objectif recherché. Son rôle est d'amener les détenteurs de trésors privés à les offrir au public en ayant le sentiment de les garder un peu pour eux et de faire oeuvre utile.

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Tombeau Cardinal Jean de Lagrange, Le Gisant - XVème siècle


La structure de Direction de la Fondation Calvet appelé « Conseil des huit » a deux facettes, l'une privée, représentée par trois Exécuteurs testamentaires bénévoles responsables sur leurs biens personnels, et l'autre, publique, incarnée par cinq personnes nommées par le Conseil Municipal de la ville d'Avignon.
Les premiers étant chargés de garantir la volonté des fondateurs, donateurs ou testateurs -- un Exécuteur testamentaire est en effet un "mandataire post mortem" -- et les autres de représenter l'élite culturelle de leur temps; tous cependant devant être hommes de «lettres», dans la définition de l'époque ;c'est à dire une personne avisée, morale, entreprenante et cultivée.

Les Exécuteurs testamentaires se renouvèlent entre eux par cooptation, à vie, les administrateurs sont nommés pour dix ans. Le Conseil est présidé par le Maire de la ville uniquement lorsqu'il vient en séance ; la Direction effective et quotidienne est assurée par le Vice-Président toujours choisi parmi les trois Exécuteurs testamentaires, toute délégation étant proscrite.

Joseph GIRARD (*) auteur de l‘histoire de l'institution en 1955, a qualifié ce Conseil dans un discours à l'Institut de France en 1933, de « Conseil des trustees », y repérant la notion juridique qui a fait la fortune des grandes Bibliothèques et Fondations anglo-saxonnes. La Fondation Calvet est, en effet, propriétaire et garant des biens fonciers et artistiques qu'elle possède, mais à charge d'en permettre la jouissance au public.

Craignant que les dépenses nécessaires pour abriter les collections et conserver les oeuvres ne compromettent un jour la stabilité financière de l'institution, CALVET a imposé -- à titre de charge de son legs -- que la ville d'Avignon assumât seule pour les musées, l'entretien des bâtiments et les charges du personnel.

Il réserve au « Conseil des huit » les ressources foncières, par la disposition et la gestion du parc immobilier, et l'enrichissement des collections dont la garde, la restauration et la mise en valeur sont confiées à des conservateurs responsables devant ce Conseil.

Cet équilibre, entre représentation des hommes, répartition des frais, gestion des immeubles et des collections, a attiré à la Fondation Calvet d'innombrables libéralités en plus des achats effectués à partir de ses propres ressources.
Concrétisant la généreuse idée de son fondateur, l'Institution a ainsi accumulé, durant plus de deux siècles, un patrimoine artistique mobilier et immobilier  de haute qualité cela sans que les contribuables des villes d'Avignon et de Cavaillon n'aient à en supporter la charge car elle est toujours restée avec une gestion financière saine et équilibrée.

La Fondation est fière de laisser à ces Collectivités l'honneur de montrer ses oeuvres d'art au plus grand nombre. Les Villes bénéficiant ainsi du prestige culturel lié au tourisme actuel.

(*) Joseph Girard, Histoire (Joseph), Histoire du musée Calvet, Imprimerie Rullière, Avignon, 1955.

>>Télécharger la plaquette de la Fondation Calvet

>> Esprit Calvet et le centenaire du Musée Calvet par Esprit Calvet -1811